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Fables d'Ésope

Fables d'Esope

 

 

La Sauterelle et la Fourmi, d'après Ésope

Un beau matin d'hiver, une fourmi traînait quelques vivres pour les faire sécher au soleil. Une sauterelle, mourant de faim, se trouva à passer et demanda à la fourmi un peu de nourriture.
- Pourquoi me demandez-vous, à moi, de vous donner à manger ? demanda la fourmi. Qu'avez-vous fait durant l'été ?
- Ma foi, répondit la sauterelle, j'ai passer l'été à chanter.
- Ah! bien, dit la fourmi, vous avez chanté tout l'été, vous n'avez qu'à danser tout l'hiver.

On ne peut passer son temps à s'amuser.

L'Oie et les Oeufs d'or, d'après Ésope

Un homme avait l'immense bonne fortune de posséder une oie merveilleuse. Chaque jour, elle pondait un oeuf d'or. L'homme s'enrichissait mais, plus il en avait, plus il en voulait. Il décida d'avoir tout le trésor à la fois, et tua l'oie. Mais quand il l'eut tuée et lui eut ouvert le ventre, au lieu de trouver un tas d'œufs d'or, il découvrit qu'elle était comme toutes les oies.

L'impatience ne paie pas.

Le Loup affamé et l'Agneau, d'après Ésope

Un loup se désaltérait à un ruisseau, et il lui arriva de lever la tête. Un peu plus en aval, il aperçut un agneau qui buvait un peu d'eau.
- Oh! Oh! se dit le loup, voilà mon souper! Je n'ai besoin que d'une bonne raison pour l'avoir. Alors j'aurai du même coup nourriture et breuvage.
- Eh! vous là-bas, gronda-t-il. Qu'est-ce qui vous prend de troubler ainsi mon eau ?
- Pardon, dit l'agneau. Mais il n'est pas possible que je trouble votre eau. Si votre eau est boueuse, ce n'est pas ma faute. Vous pouvez voir que je n'emploie que le bout de ma langue. Et puis je bois plus bas que vous, en-dessous du courant, il n'est donc pas possible que je puisse troubler l'eau en-dessus de l'endroit où vous êtes.
- Ne discute pas avec moi, grogna le loup en montrant les dents. J'ai mes renseignements sur toi. Voilà plus de six mois que tu vas colportant des horreurs sur mon compte.
- Impossible, bêla l'agneau. Il n'y a que trois mois que je suis né.
- Eh bien, répartit le loup, si ce n'est toi, c'est donc ton frère, et ça ne vaut guère mieux.
Et, avant que l'agneau ait pu dire un seul mot de plus, le loup sauta sur le pauvre petit et le dévora.

Mauvaise raison est toujours assez bonne pour un brutal.

Le Renard et la Corneille, d'après Ésope

Une corneille, ayant dérobé un beau morceau de fromage à la fenêtre d'une maison de campagne, l'avait emporté au sommet d'un arbre. Un renard, qui avait tout vu, se dit :
- Si je sais m'y prendre, j'aurai du fromage pour dîner ce soir.
Il réfléchit un instant, et arrêta son plan.
- Bonsoir, mademoiselle Corneille, dit-il, que vous êtes en beauté, aujourd'hui. Je n'ai jamais vu de plumage aussi lustré. Votre cou a la grâce de celui d'un cygne et vos ailes ont plus de force que celles d'un aigle. Sûrement, si vous pouviez parler, votre chant aura la suavité de celui du rossignol.
La corneille, fière d'une telle louange, voulut montrer qu'elle savait chanter aussi. Mais dès qu'elle ouvrit le bec pour croasser, le fromage tomba à terre et le renard s'en saisit bien vite.
Et, en s'esquivant, il manqua de galanterie. Appelant la corneille, il lui dit :
- J'ai pu plaisanter sur votre beauté, mais je n'ai rien dit sur votre intelligence !

Ne vous laissez pas ridiculiser par la flatterie.

Le Rossignol et L'Épervier, d'après Ésope

Un rossignol perché sur un chêne élevé chantait à son ordinaire. Un épervier l’aperçut, et, comme il manquait de nourriture, il fondit sur lui et le lia. Se voyant près de mourir, le rossignol le pria de le laisser aller, alléguant qu’il n’était pas capable de remplir à lui seul le ventre d’un épervier, que celui-ci devait, s’il avait besoin de nourriture, s’attaquer à des oiseaux plus gros. L’épervier répliqua : « Mais je serais stupide, si je lâchais la pâture que je tiens pour courir après ce qui n’est pas encore en vue ».

Chez les hommes aussi, ceux-là sont déraisonnables qui dans l’espérance de plus grands biens laissent échapper ceux qu’ils ont dans la main.

L'Aigle et le Renard, d'après Ésope

Un aigle et un renard, ayant fait amitié ensemble, décidèrent d'habiter l'un près de l'autre, dans la pensée que la cohabitation affermirait leur liaison. Et alors l'aigle prenant son essor s'établit sur un arbre très élevé et y fit sa couvée, tandis que le renard, se glissant dans le buisson qui était au pied de l'arbre, y déposa ses petits. 
Mais un jour que le renard était sorti pour chercher pâture, l'aigle à court de nourriture fondit sur le buisson, enleva les renardeaux et s'en régala avec ses petits. A son retour, le renard, voyant ce qui s'était passé, fut moins affligé de la mort de ses petits que de l'impossibilité de se venger ; en effet il ne pouvait, lui quadrupède, poursuivre un volatile. Il dut se contenter, seule ressource des impuissants et des faibles, de maudire son ennemi de loin. Or il arriva que l'aigle ne tarda pas à subir la punition de son crime contre l'amitié. Des gens sacrifiaient une chèvre à la campagne ; l'aigle fondit sur l'autel, y ravit un viscère enflammé et l'apporta dans son nid. Or un vent violent s'étant mis à souffler fit flamber un vieux fétu, et par suite les aiglons furent brûlés, car ils étaient encore hors d'état de voler, et ils tombèrent sur le sol. 
Le renard accourut et sous les yeux de l'aigle les dévora tous.

Si vous trahissez l'amitié, vous pourrez peut-être vous soustraire à la vengeance de vos dupes, si elles sont faibles ; mais qu'en tout cas vous n'échapperez pas à la punition du ciel.

Le chat et les rats, d'après Ésope

Une maison était infestée de rats. Un chat, l’ayant su, s’y rendit, et, les attrapant l’un après l’autre, il les mangeait. Or les rats, se voyant toujours pris, s’enfonçaient dans leurs trous. Ne pouvant plus les atteindre, le chat pensa qu’il fallait imaginer quelque ruse pour les en faire sortir. C’est pourquoi il grimpa à une cheville de bois et, s’y étant suspendu, il contrefit le mort. Mais un des rats sortant la tête pour regarder, l’aperçut et dit : " Hé ! l’ami, quand tu serais sac, je ne t’approcherais pas. "

Les hommes sensés, quand ils ont éprouvé la méchanceté de certaines gens, ne se laissent plus tromper à leurs grimaces.

L'Aigle et L'Escarbot, d'après Ésope

Un aigle poursuivait un lièvre. Ce lièvre, se voyant dénué de tout secours, recourut au seul être que le hasard offrit à ses yeux ; c'était un escarbot ; il le supplia de le sauver. L'escarbot le rassura, et, voyant approcher l'aigle, il la conjura de ne pas lui ravir son suppliant. Mais l'aigle, dédaignant sa petitesse, dévora le lièvre sous les yeux de l'escarbot. Dès lors l'escarbot, plein de rancune, ne cessa d'observer les endroits où l'aigle faisait son nid, et, quand elle couvait, il s'élevait en l'air, faisait rouler les oeufs et les cassait, tant qu'enfin pourchassée de partout, elle eut recours à Zeus (car c'est à Zeus que cet oiseau est consacré), et elle le pria de lui procurer un asile sûr pour y faire ses petits. Zeus lui permit de pondre dans son giron, mais l'escarbot avait vu la ruse : il fit une boulette de crotte, prit son essor, et, quand il fut au-dessus du giron de Zeus, il l'y laissa tomber. Zeus se leva pour secouer la crotte, et jeta les oeufs à terre sans y penser. Depuis ce temps-là, dit-on, pendant la saison où paraissent les escarbots, les aigles ne nichent plus.

Ne méprisez personne ; il faut se dire qu'il n'y a pas d'être si faible qui ne soit capable un jour de venger un affront.

Le Loup et l'Agneau, d'après Ésope

Un loup, voyant un agneau qui buvait à une rivière, voulut alléguer un prétexte spécieux pour le dévorer. C'est pourquoi, bien qu'il fût lui-même en amont, il l'accusa de troubler l'eau et de l'empêcher de boire. L'agneau répondit qu'il ne buvait que du bout des lèvres, et que d'ailleurs, étant à l'aval, il ne pouvait troubler l'eau à l'amont. 
Le loup, ayant manqué son effet, reprit : "Mais l'an passé tu as insulté mon père. - Je n'étais pas même né à cette époque", répondit l'agneau. Alors le loup reprit : "Quelle que soit ta facilité à te justifier, je ne t'en mangerai pas moins".

Auprès des gens décidés à faire le mal, la plus juste défense reste sans effet.

 

Le Corbeau et le Renard, d'après Ésope

Un corbeau déroba un morceau de viande et alla se percher sur un arbre. Un renard, l'ayant aperçu, voulut se rendre maître du morceau. Posté au pied de l'arbre, il se mit à louer la beauté et la grâce du corbeau :
"A qui mieux qu'à toi convient-il d'être roi ? En vérité tu le serais, si tu avais de la voix ! "Le corbeau voulant lui montrer qu'il n'en était pas dépourvu, laissa tomber la viande et poussa de grands cris. L'autre se précipita, s'empara de la viande et dit :
"Ô corbeau, si tu avais aussi de l'intelligence, il ne te manquerait rien pour être roi de tous les animaux!"

Avis aux sots.

Le satyre et le paysan , d'après Ésope

Un homme s'était, dit-on, lié d'amitié avec un satyre. 
L'hiver étant venu, comme il faisait froid, l'homme portait les mains à sa bouche et soufflait dessus. 
"Que fais-tu là ?", lui demanda le satyre. 
"Je me réchauffe les mains, dit-il, car il fait froid." 
Plus tard ils passèrent à table. 
Comme le plat qu'on lui avait servi était très chaud, l'homme y prélevait de petits morceaux et, les portant à sa bouche, il soufflait dessus. 
Interrogé une nouvelle fois par le satyre, il expliqua qu'il refroidissait ainsi sa nourriture. 
"Eh bien, lui dit le satyre, je renonce à ton amitié, car tu souffles de la même bouche et le chaud et le froid." 

Nous aussi, gardons-nous de l'amitié de qui mène double jeu

Le Paon et la Grue, d'après Ésope

Un paon se moquait d'une grue; il raillait sa couleur : "Moi, je suis vêtu d'or et de pourpre, toi, tu portes un plumage sans beauté. - Seulement moi, répondit la grue, je chante parmi les étoiles et mon vol me porte dans les hauteurs; toi, pareil à un coq, tu marches en bas avec la volaille." 

Plutôt la gloire en haillons que le déshonneur dans le faste. 

Le Lion et la Souris, d'après Ésope

Un rat s'en vint trotter sur un lion endormi. Réveillé, le fauve saisit le rat; il s'apprêtait à le dévorer quand le rat le pria de le laisser aller : "Si tu m'épargnes, lui dit-il, je te revaudrai ce bienfait." Et le lion, tout en riant, lui rendit la liberté. A quelque temps de là, le lion dut bel et bien son salut à la reconnaissance du rat. Des chasseurs l'avaient capturé et lié à un arbre. Le rat l'entendit gémir : il accourut, rongea ses liens et le délivra. Et il dit au lion ; "Naguère tu t'es moqué de moi parce que tu ne t'attendais pas que je te montre ma gratitude; apprends donc à présent que chez les rats aussi on trouve de la reconnaissance." 

Quand la chance a tourné, on voit les plus puissants avoir besoin des faibles. 

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Biographie d'Ésope

 

MF

Paris
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