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Comprendre les contes

Les contes de fées selon Vladimir Propp 

 

Extrait de Morphologie du conte, Points Seuil, 1970.

Cet ouvrage est consacré aux contes merveilleux. […] Par contes merveilleux nous entendons ceux qui sont classés dans l’index d’Aarne et Thompson sous les numéros 300 à 749.[…] Nous entreprendrons de comparer entre eux les sujets de ces contes. Pour cela, nous isolerons d’abord les parties constitutives des contes merveilleux en suivant les méthodes particulières, puis nous comparerons les contes selon leurs parties constitutives. Le résultat de ce travail sera une morphologie, c’est-à-dire une description des contes selon leurs parties constitutives et des rapports de ces parties entre elles et avec l’ensemble. […] Ce qui change, ce sont les noms (et en même temps les attributs) des personnages ; ce qui ne change pas, ce sont leurs actions, ou leurs fonctions. On peut en conclure que le conte prête souvent les mêmes actions à des personnages différents. C’est ce qui nous permet d’étudier les contes à partir des fonctions des personnages.
Nous devrons déterminer dans quelle mesure ces fonctions représentent effectivement des valeurs constantes, répétées, du conte. Tous les autres problèmes dépendront de la réponse à cette première question : combien de fonctions le conte comprend-il ?
L’étude montre que les fonctions se répètent d’une manière stupéfiante. C’est ainsi que pour mettre à l’épreuve ou récompenser la belle-fille, nous rencontrons aussi bien Baba-Yaga que Morozko, l’ours, le sylvain ou la tête de jument. En poursuivant ces recherches, on peut établir que les personnages des contes, si différents soient-ils, accomplissent souvent les mêmes actions. Le moyen lui-même, par lequel une fonction se réalise, peut changer : il s’agit d’une valeur variable. Morozko agit autrement que Baba Yaga. Mais la fonction en tant que telle est une valeur constante. Dans l’étude du conte, la question de savoir ce que font les personnages est seule importante ; qui fait quelque chose et comment il le fait, sont des questions qui ne se posent qu‘accessoirement.
Les fonctions des personnages représentent ces parties constitutives qui peuvent remplacer les motifs de Veselovski ou les éléments de Bédier. Notons que la répétition des fonctions par des exécutants différents a été remarquée depuis longtemps par les historiens des religions dans les mythes et les croyances, mais ne l’a pas été par les historiens du conte. Ainsi que les caractères et les fonctions des dieux se déplacent des uns aux autres et passent même finalement aux saints chrétiens, les fonctions de certains personnages des contes passent à d’autres personnages. Nous pouvons dire en anticipant que les fonctions sont extrêmement peu nombreuses, alors que les personnages sont extrêmement nombreux. C’est ce qui explique le double aspect du conte merveilleux : d’une part son extraordinaire diversité, son pittoresque haut en couleur, et d’autre part son uniformité non moins extraordinaire, sa monotonie.
Les fonctions des personnages représentent donc les parties fondamentales du conte et c’est elles que nous devons d’abord isoler.
Pour cela il faut d’abord définir les fonctions. Cette définition doit être le résultat de deux préoccupations. Tout d’abord, elle ne doit jamais tenir compte du personnage-exécutant. Dans le plus grand nombre des cas, elle sera désignée par un substantif exprimant l’action (interdiction, interrogation, fuite, etc.). Ensuite, l’action ne peut être définie en dehors de sa situation dans le cours du récit. On doit tenir compte de la signification que possède une fonction donnée dans le déroulement de l’intrigue. […] Des actes identiques peuvent avoir des significations différentes et inversement. Par fonction, nous entendons l’action d’un personnage, définie du point de vue de sa signification dans le déroulement de l’intrigue.
Les observations présentées peuvent être brièvement formulées de la manière suivante :
1. – Les éléments constants, permanents, du conte sont les fonctions des personnages, quels que soient ces personnages et quelle que soit la manière dont ces fonctions sont remplies.
2. – Les fonctions sont les parties constitutives fondamentales du conte. Le nombre des fonctions que comprend le conte merveilleux est limité. 
 

Le système de Propp ou la structure immuable des contes

Cédric Castella

Vladimir Propp a formulé trois principes :

  • 1) Les éléments constants, permanents du conte sont les fonctions des personnages, quels que soient ces personnages et quelle que soit la manière dont ces fonctions sont remplies.
  • 2) Le nombre des fonctions que comprend le conte merveilleux est limité.
  • 3) La succession des fonctions est toujours identique

Gianni Rodari propose de réaliser un jeux de 31 cartes basées sur les fonction de Propp. 
Le système de Propp est en effet composé de 31 fonctions qui se retrouvent au moins en partie dans tous les contes :

A/ Prologue qui définit la situation initiale (ce n'est pas encore une fonction).

B/ Séquence préparatoire

1. Absence / éloignement (un des membres d'une famille est absent du foyer, mort)
2. Interdiction
3. Transgression
4. Interrogation (l'agresseur interroge le héros ou vice-versa)
5. Information (sur l'aggresseur, sur le héros , ...)
6. Tromperie
7. Complicité involontaire (le héros "tombe dans le panneau, est abusé par crédulité ou par un artifice magique)

C/ Première séquence

8. Le méchant cause un dommage à un membre de la famille (Méfait sur un être cher, vol d'un objet magique, ...)
9. On apprend l'infortune survenue. Le héros est prié ou commandé de la réparer (Appel ou envoi au secours)
10. Le héros accepte ou décide de redresser le tort causé (Entreprise réparatrice)
11. Départ du héros
12. Le héros est soumis à une épreuve préparatoire de la réception d'un auxiliaire magique (Première fonction du donateur). 
13.Le héros réagit aux actions du futur donateur (Réaction du héros)
14. Transmission (un auxiliaire magique est mis à la disposition du héros)
15. Déplacement, transfert du héros : le héros arrive aux abords de l'objet de sa recherche (Transfert d'un royaume à un autre)
16. Combat entre le héros et l'antagoniste
17. Le héros est marqué par son combat (cicatrice, blessure, ...)
18. Victoire sur l'antagoniste

D/ Deuxième séquence

19. Réparation du méfait
20. Retour du héros
21. Poursuite (persécution) du héros
22. Secours (le héros est sauvé)
23. Arrivée incognito du héros
24. Imposture (le faux héros prétend être l'auteur de l'exploit)
25. Tâche difficile (imposée au héros)
26. Accomplissement de la tâche
27. Reconnaissance du héros
28. Le faux héros ou l'antagoniste est démasqué
29. Transfiguration du héros
30. Châtiment de l'antagoniste
31. Le héros se marie et/ou monte sur le trône

Propp définit aussi le conte merveilleux comme récit à sept personnages ayant chacun leur sphère d'action propre : le Héros, la Princesse, le Mandateur, l'Agresseur, le Donateur, l'Auxiliaire et le Faux Héros. 

 

Lévi-Strauss formulera des critiques à l'égard de la théorie de Propp (La structure et la forme, 1960) : il montrera par exemple que les contes se prêtent moins bien à l'analyse structurale que les mythes car ils sont plus libres. Il affirmera aussi qu'en étudiant les contes en dehors de tout contexte ethnographique, l'analyse structurale conduit à des incohérences et à un excès d'abstraction. On s'en aperçoit effectivement quand on est face à la formule canonique que propose Propp et qui régit tous les contes. 
 

MF

Paris
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